Acheter ou vendre sans garantie légale au Québec : ce que ça veut dire

    Par Thomas Lymburner, courtier immobilier résidentiel, RE/MAX Direct

    Points clés

    • L’article 1726 prévoit une garantie de qualité contre certains vices cachés.
    • Les défauts connus ou apparents ne sont pas couverts.
    • La clause d’exclusion doit figurer dans la promesse d’achat et l’acte de vente.
    • Sans fraude, les recours de l’acheteur sont très limités.
    • Une exclusion partielle peut viser des composantes ou seulement le vendeur immédiat.
    • Selon Centris, 44 % des ventes résidentielles au Québec étaient sans garantie légale en 2026, contre 12 % en 2011.

    La garantie légale de qualité, en clair

    Selon l’article 1726 du Code civil du Québec, le vendeur garantit que le bien est exempt de vices cachés qui le rendent impropre à son usage ou diminuent tellement son utilité que l’acheteur ne l’aurait pas acheté, ou aurait payé moins. La garantie ne couvre pas les défauts connus de l’acheteur ni les défauts apparents, visibles pour un acheteur prudent sans l’aide d’un expert.

    La garantie s’applique automatiquement. Selon Éducaloi, elle ne couvre pas les défauts déclarés dans les Déclarations du vendeur, ni ceux qu’une inspection, un certificat de localisation à jour ou la recherche du notaire au registre foncier révéleraient.

    Ce que change la clause « sans garantie légale »

    Pour l’exclure, la promesse d’achat et l’acte de vente doivent préciser que la vente est faite « sans garantie légale, aux risques et périls de l’acheteur ». La clause est négociable. L’acheteur est présumé accepter le risque de vices cachés; sans fraude du vendeur, les recours sont très limités.

    Faites vérifier le titre par le notaire et lire le libellé exact de la clause. L’exclusion ne couvre pas les blessures corporelles causées à autrui.

    Ce que dit la jurisprudence récente

    Dans sa mise à jour du 19 mars 2025, l’OACIQ rapporte des décisions de la Cour d’appel rendues en 2022 : le simple silence du vendeur sur un défaut connu n’est généralement plus considéré comme une fraude dans une telle vente. L’acheteur doit prouver une intention délibérée de tromper, par exemple un mensonge ou une demi-vérité, qui a influencé l’achat.

    Cette nuance ne constitue pas une invitation à cacher un problème : les vendeurs devraient quand même divulguer les défauts connus.

    Pour l’acheteur : comment se protéger

    Pour le vendeur : quand l’utiliser et pourquoi divulguer quand même

    Selon l’OACIQ, l’exclusion totale vise des situations exceptionnelles : succession, reprise, démolition ou changement d’usage. Autrement, une exclusion partielle peut être envisagée pour des composantes précises ou seulement pour le vendeur immédiat.

    Les vendeurs devraient divulguer les défauts connus même avec cette clause. Une exclusion totale peut réduire le prix de vente.

    Les chiffres : de 12 % à 44 % au Québec

    Selon Centris, le 4 août 2026, la part des ventes résidentielles sans garantie légale au Québec est passée de 12 % en 2011 à 44 % en 2026. Montréal, Québec et Gatineau comptent davantage de ventes avec garantie que plusieurs régions éloignées. Ces propriétés ne restent pas plus longtemps sur le marché.

    CTV News rapportait aussi en février 2026 que davantage d’acheteurs québécois renonçaient à la garantie légale. Le chiffre de 44 % concerne le Québec : ce n’est pas une proportion propre à Gatineau.

    Questions fréquentes

    C’est une clause selon laquelle l’acheteur est présumé accepter le risque des vices cachés. Elle doit figurer dans la promesse d’achat et l’acte de vente et peut être négociée. Faites vérifier le titre et le libellé exact par le notaire.

    Sans fraude du vendeur, les recours sont très limités. Selon l’OACIQ, depuis les décisions de la Cour d’appel de 2022, le simple silence sur un défaut connu n’est généralement plus traité comme une fraude : il faut prouver une intention délibérée de tromper, comme un mensonge ou une demi-vérité, qui a influencé l’achat.

    L’OACIQ réserve l’exclusion totale aux cas exceptionnels, comme une succession, une reprise, une démolition ou un changement d’usage. Une exclusion partielle peut être envisagée autrement. Les défauts connus devraient quand même être divulgués, et une exclusion totale peut réduire le prix.

    Centris indique que Montréal, Québec et Gatineau ont davantage de ventes avec garantie que plusieurs régions éloignées. À l’échelle du Québec, les ventes sans garantie sont passées de 12 % en 2011 à 44 % en 2026. Ces chiffres ne donnent pas une proportion propre à Gatineau; de telles propriétés ne restent pas plus longtemps sur le marché.

    Oui. Selon l’OACIQ, elle peut viser des composantes précises ou seulement le vendeur immédiat. La clause peut se négocier; faites examiner son libellé exact par le notaire.

    Sources

    Information générale seulement. Ce n'est pas un avis fiscal ou juridique : validez votre situation avec un comptable, un notaire ou un avocat.

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